« Aujourd’hui, nous donnons une tout autre envergure au SIS 2B. » C’est par ces mots, pleins de fierté et de détermination, que Hyacinthe Vanni, président du Service d’Incendie et de Secours de Haute-Corse (SIS 2B), a annoncé la signature d’une convention inédite en France.
En présence de Mme Isoline Garreau, présidente du CASDIS de Seine-et-Marne, les deux services ont scellé un accord qui ouvre une voie nouvelle à de nombreux jeunes Corses, lauréats du concours de caporal, mais jusqu’ici privés de recrutement local.
Un accord inédit pour une diaspora contrainte
Chaque année, ils sont nombreux, en Haute-Corse, à réussir brillamment le concours de sapeur-pompier volontaire. Pourtant, faute de postes disponibles au sein du SIS 2B, ces lauréats se voyaient trop souvent contraints d’abandonner leur vocation ou de renoncer au fruit de leurs efforts. Face à cette situation que la gouvernance du SIS 2B ne souhaitait « pas subir », le président Hyacinthe Vanni a choisi la voie de l’audace et de la solidarité inter-régionale.
Grâce à cette convention, les jeunes pompiers corses pourront désormais être recrutés par le prestigieux SDIS de Seine-et-Marne, sur la base d’un engagement minimum de trois ans au sein des unités opérationnelles du département.
« Nos deux services viennent de sceller un accord permettant à de nombreux jeunes Corses lauréats du concours d’être recrutés dans ce SDIS qui compte de nombreux sapeurs-pompiers professionnels, » a rappelé le président Vanni.
Un bénéfice mutuel pour les territoires
Pour les jeunes insulaires concernés, l’avantage est considérable. Non seulement ils ne perdent pas le bénéfice de leur concours, mais ils se voient offrir une expérience professionnelle concrète dans l’un des plus grands services départementaux de France. Une formation sur le terrain, au contact d’un territoire dense et exigeant, qui enrichira leur parcours. En retour, le SDIS de Seine-et-Marne bénéficie de l’engagement de sapeurs-pompiers volontaires courageux, bien formés et animés par un état d’esprit exemplaire. « Ces insulaires s’engagent à servir avec respect et honneur le SDIS de Seine-et-Marne, » souligne Hyacinthe Vanni.
Le président du SIS 2B tient également à saluer le rôle clé du contrôleur général Bruno Maestracci, directeur du SDIS de Seine-et-Marne, qualifié d’« ami » et d’« éminent membre de notre diaspora, qui fait briller à l’international notre territoire ». Sans son engagement, rien n’aurait été possible.
« Partir pour mieux revenir » : un objectif politique fort
Pour le président Hyacinthe Vanni, cette convention ne se limite pas à un échange administratif entre deux services. Elle incarne une véritable politique de reconnaissance envers la diaspora insulaire contrainte à l’exil professionnel.
Ainsi dit-il : « Proposer des solutions de retour de cette diaspora, c’est un objectif que je poursuis depuis ma prise de fonction. Récompenser, valoriser et reconnaître les efforts consentis, c’est une finalité politique. » Même si l’éloignement reste une épreuve personnelle et familiale, ces agents, considérés comme prioritaires par le SIS 2B, font preuve d’un remarquable courage. Leur engagement à servir ailleurs, dans des conditions d’exercice et de vie différentes, est vu par la présidence comme une promesse d’avenir. « En s’engageant à partir pour mieux revenir, nourris de cette ouverture sur un autre monde, cette diaspora porte l’espoir d’une expérience enrichissante. »
Des ambassadeurs de l’excellence corse
Au-delà de l’aspect technique ou RH, le message est clair : ces femmes et ces hommes deviendront des exemples. « Ils seront des exemples de ce que la Corse peut produire de meilleur et d’exemplaire au-delà de son territoire d’origine. Nous attendons qu’ils soient des références et qu’ils accomplissent avec l’honneur de bien servir avec compétences, dévouement et détermination. »
Le président Vanni voit en eux les acteurs d’un renouveau professionnel, social et culturel de la Corse : « Ils sont la fierté du SIS 2B et contribuent ainsi à redonner sens à l’engagement professionnel des sapeurs-pompiers, et aux valeurs qui nous animent en Corse. Avec cette convention, le SIS 2B ne se contente pas de résoudre un problème de capacité locale. Il invente une forme nouvelle de mobilité choisie, où l’exil temporaire devient une étape vers un retour valorisé. Une première en France, qui pourrait bien faire des émules.




