Championne de kick-boxing et sapeur-pompier volontaire, Laura Delogu incarne une génération pour qui l’engagement ne se limite pas à un seul terrain. À 23 ans, la jeune Balanine mène de front une carrière sportive de haut niveau et un investissement citoyen exigeant, deux univers différents mais animés par des valeurs communes : rigueur, dépassement de soi et sens du collectif.
La rigueur du sport de haut niveau
Laura Delogu découvre le kick-boxing à l’âge de dix ans. Très tôt, elle s’immerge dans l’exigence de cette discipline de combat, faite de respect des règles, d’intensité physique et de maîtrise mentale. Les années passent, les entraînements s’enchaînent et les compétitions forgent son expérience. Son palmarès témoigne de cette régularité : neuf titres de championne de France amateur depuis 2016, un record à l’échelle insulaire. Formée en Balagne, elle a longtemps évolué sous l’œil attentif de son père, Jean-Pierre Delogu, cofondateur du Balagne Boxing School (BBS) avec Raynald Amadei. Cette base solide lui a permis de construire une identité sportive marquée par la précision technique et la constance. Désormais accompagnée par Lucas Blanc, entraîneur à l’expérience internationale, elle poursuit sa progression avec une ambition affirmée sur les rings nationaux.

Un engagement au service des autres
En parallèle de son parcours sportif, Laura Delogu a choisi de s’engager comme sapeur-pompier volontaire au centre de secours de L’Île-Rousse, où elle a été incorporée en janvier 2025. Un engagement qui implique formations, entraînements, astreintes et interventions, et qui exige une disponibilité permanente au service de la population. Cet investissement citoyen s’inscrit dans la continuité de son parcours sportif : discipline, respect des consignes, gestion du stress et travail en équipe constituent le socle de son quotidien, qu’il s’agisse d’une intervention d’urgence ou d’une préparation de combat.

Des valeurs communes, sur le ring comme sur le terrain
Si le kick-boxing et le volontariat chez les sapeurs-pompiers relèvent de registres différents, ils reposent sur des fondamentaux similaires. Analyse rapide des situations, sang-froid, précision des gestes et solidarité sont indispensables, qu’il s’agisse d’affronter une adversaire ou de porter secours. Ces deux engagements se nourrissent mutuellement et participent à l’équilibre personnel de la jeune sportive, renforçant sa capacité à faire face à la pression et à évoluer dans des contextes exigeants.

Un début prometteur chez les professionnels
Depuis peu, Laura Delogu a franchi un cap en se lançant dans le circuit professionnel. Déjà forte d’une expérience significative en boxe anglaise et en kick-boxing semi-professionnel, elle affiche des statistiques solides : dix combats en boxe anglaise pour huit victoires, dont un succès par KO, et dix combats en semi-pro de kick-boxing pour sept victoires. Son premier combat professionnel s’est déroulé le 22 novembre 2025 à Ajaccio, une étape importante dans une carrière encore en pleine construction et prometteuse. Un prochain rendez-vous est également attendu à Bastia, confirmant sa présence régulière sur les grands galas insulaires.

Un exemple pour la jeunesse
À travers son double parcours, Laura Delogu illustre la capacité des jeunes à conjuguer passion sportive, exigence professionnelle et engagement citoyen. Son itinéraire met en lumière le rôle essentiel du volontariat et la place croissante des femmes dans des univers historiquement exigeants, qu’ils soient sportifs ou opérationnels. Plus qu’un palmarès, son parcours raconte une trajectoire fondée sur des valeurs fortes et une volonté constante de se dépasser, au service de la performance comme de l’intérêt collectif.
Laura répond à nos questions
Peux-tu nous raconter comment tout a commencé pour toi, dans la boxe ?
J’ai commencé la boxe à l’âge de dix ans. Mon premier titre, je l’ai remporté à quatorze ans. C’était un peu sur un coup de tête : mon père m’a proposé de faire le championnat de Corse. Je n’ai pas eu d’adversaire, donc j’ai été qualifiée directement pour les championnats de France. On y est allés sans prétention… et j’ai gagné. C’est à ce moment-là qu’on s’est dit : pourquoi ne pas continuer ?
Comment s’est faite ensuite la rencontre avec le monde des pompiers ?
Mon père était sapeur-pompier, donc j’avais déjà vu un peu ce milieu, même si ça ne m’attirait pas plus que ça au départ. Puis, en donnant des cours de boxe, entre autres à des pompiers, le chef de centre, le capitaine Fabien Massoni, m’a parlé du métier et m’a proposé de m’engager comme sapeur-pompier volontaire.
Qu’est-ce que la boxe t’apporte dans ton engagement de pompier ?
Il y a beaucoup de similitudes entre les deux : le calme, la rigueur, le fait d’être carré. Tout ça m’aide énormément sur les interventions. La gestion du stress est essentielle, et la boxe m’a appris à rester posée, même sous pression.
Ton parcours sportif reste très présent aujourd’hui. Comment s’articule-t-il avec ton activité ou engagement citoyen de sapeur-pompier ?
En 2017 et en 2019, j’ai terminé troisième à la Coupe du monde. La rigueur et la discipline sont communes aux deux domaines. J’arrive à concilier les deux parce que j’ai un emploi du temps assez souple : je donne des cours de boxe et je m’entraîne en parallèle de mon activité de pompier. Les entraînements restent toujours de qualité, que ce soit à la caserne ou ailleurs.
Ces deux univers sont encore très masculins. Quel regard portes-tu là-dessus ?
Ce sont effectivement des milieux encore très masculins, mais ils se féminisent de plus en plus, et c’est très positif. Il faut se faire confiance et ne pas hésiter à foncer. Je suis fière d’être à la fois boxeuse et sapeur-pompier au sein du SIS 2B.
Quels sont tes prochains défis, sportifs et professionnels ?
Cette saison, je n’ai pas pu m’inscrire au championnat de France à cause d’une blessure, mais je vais faire quatre ou cinq combats d’ici la fin de la saison, notamment à Bastia, Ajaccio ou ici, puisqu’on organise un événement le 25 avril. Pour les championnats, ce sera l’an prochain. Côté pompiers, je souhaite continuer comme volontaire pour le moment, afin de faire mes armes, mais la porte reste ouverte à une éventuelle professionnalisation.
Un mot pour conclure ?
Je voudrais remercier ma famille, qui me soutient depuis toujours, ainsi que toutes les personnes qui me suivent et m’aident, aussi bien dans le sport que chez les pompiers.









