Le dimanche 2 août, un enfant d’environ 12 mois victime d’une obstruction des voies aériennes a été pris en charge en urgence par plusieurs personnels de l’aéroport Sainte-Catherine. Parmi eux, deux sapeurs-pompiers volontaires, Soufiane Yaferny et Noël Ottobrini, ont coordonné les premiers gestes avant l’arrivée des secours. Une intervention qui illustre l’importance de la formation, du sang-froid et du travail collectif — mais aussi toute la valeur du volontariat de sapeur-pompier. (sur la photo de gauche à droite Noël Ottobrini et Soufiane Yaferny)
L’alerte retentit dans la salle d’embarquement
Dimanche 2 août, à l’aéroport de Calvi Sainte-Catherine, l’alerte est donnée dans la salle d’embarquement. Un enfant d’environ 12 mois est en difficulté et semble souffrir d’une obstruction des voies aériennes. Il ne respire plus. Soufiane Yaferny, adjudant sapeur-pompier volontaire à Calvi depuis 25 ans et chef d’escale adjoint chargé des opérations aériennes chez Casavia, est immédiatement prévenu par ses agents d’embarquement. « J’ai décroché de mon bureau afin de venir voir ce qui se passait », raconte-t-il. Sur place, les premiers gestes ont déjà commencé. Une agente d’embarquement, tente de dégager les voies respiratoires de l’enfant. À ses côtés, Noël Ottobrini, agent SSIAP de la CCI de Corse à l’aéroport de Calvi et lui-même sergent-chef sapeur-pompier volontaire à Ponte-Leccia, suivi par son collègue, a pris le bébé dans ses bras et poursuit les premiers secours.
Deux pompiers, un même réflexe : agir
Lorsque Soufiane Yaferny arrive, il ne bouleverse pas l’intervention engagée. Il laisse d’abord Noël poursuivre les gestes. « On est tous les deux pompiers volontaires et on a l’habitude de travailler, même si on n’est pas dans les mêmes casernes, de manière coordonnée », explique-t-il. Très vite, les deux hommes travaillent ensemble et prennent le relais pour poursuivre la prise en charge de l’enfant. Pour Noël Ottobrini, la situation est évidemment impressionnante. Mais le professionnel prend le dessus sur le stress. « Quand j’ai entendu l’agitation dans le hall et qu’on nous a dit qu’un enfant était en difficulté, je suis parti directement. » Le stress existe, reconnaît-il, mais il ne doit pas empêcher d’agir. « Il faut prendre ce stress pour nous faire en positif », résume-t-il.
Autour d’eux, la situation est également éprouvante pour la famille. Les parents, notamment la mère, sont très agités et les frères et sœurs de l’enfant pleurent. Les sauveteurs doivent donc agir tout en maintenant leur concentration. « Il fallait vraiment se mettre dans une bulle pour faire et ménager la famille », témoigne Noël.
Puis le bébé recommence à pleurer
Après les premiers gestes, le signe tant attendu survient. L’enfant recommence à émettre des sons, puis à crier et à pleurer.« On avait réussi la première phase : le ramener », raconte Soufiane Yaferny. Mais l’intervention ne s’arrête pas là. Une nouvelle étape de la chaîne de secours se met en place avec l’arrivée des pompiers du SSLIA de l’aéroport, spécialisés dans la lutte contre l’incendie et le secours aéronautique. Ils arrivent notamment avec un OxyPak. La prise en charge se poursuit avec la mise en place d’un masque pédiatrique à haute concentration.
Dans le même temps, le chef SSLIA transmet les informations au CODIS 2B. Des moyens de secours sont engagés afin de poursuivre la prise en charge médicale de l’enfant, avec notamment un VSAV et une VRM de Calvi.
Une chaîne de secours qui fonctionne sans perdre une seconde.
Pour Soufiane Yaferny, l’intervention constitue surtout une démonstration concrète de la complémentarité entre les différents intervenants.« On pourrait dire que c’est spontané, mais ce n’est pas vraiment spontané : c’est coordonné. » Agents d’embarquement, personnel de sécurité, sapeurs-pompiers volontaires, équipe SSLIA, CODIS et secours médicalisés : chacun intervient à son niveau, dans la continuité du précédent. Pour le pompier volontaire, cette efficacité est directement liée à la formation. « C’est là qu’on voit que toutes les formations qui sont données dans les casernes montrent que, peu importe la caserne d’où on vient, on est capables de travailler de concert, sans difficulté ». Une coordination qui, ce jour-là, s’est opérée dans un contexte particulièrement tendu, sans qu’un long briefing soit nécessaire.
Sapeur-pompier volontaire : des compétences utiles bien au-delà de la caserne
Cette intervention rappelle une chose essentielle : savoir réagir dans les premières secondes peut faire toute la différence. Au-delà des incendies et des interventions qui constituent le quotidien des sapeurs-pompiers, les compétences acquises par nos sapeurs-pompiers volontaires en matière de secourisme sont précieuses partout où ils se trouvent : sur leur lieu de travail, dans leur commune, dans leur vie quotidienne ou face à une situation d’urgence. L’intervention de Calvi en est une illustration particulièrement concrète. Ici, ce ne sont pas les véhicules rouges d’une caserne qui ont d’abord été sollicités : c’est la présence, sur leur lieu de travail, de deux hommes formés et habitués à porter secours qui a permis d’agir immédiatement. Leur engagement dépasse ainsi largement le cadre des interventions réalisées pendant leurs gardes ou leurs astreintes. Le volontariat s’accompagne de compétences, de réflexes et d’une culture du secours qui peuvent être mobilisés partout, à tout moment.
Une richesse pour les entreprises et les collectivités
Cet événement illustre également tout l’intérêt, pour une collectivité ou une entreprise, de favoriser et soutenir l’engagement de sapeurs-pompiers volontaires au sein de ses équipes. Leur disponibilité, leur expérience, leur capacité à garder leur sang-froid et leur formation constituent une véritable richesse pour la collectivité comme pour les organisations qui les emploient. À l’aéroport de Calvi, l’intervention de ce 2 août montre concrètement ce que cet engagement peut représenter : deux professionnels qui, dans leur environnement de travail, ont été en mesure de reconnaître une situation d’urgence et de mettre immédiatement leurs compétences au service d’une vie.
« Il faut que tout le monde connaisse les gestes qui sauvent »
Au-delà de cette intervention, Noël Ottobrini souhaite retenir un autre enseignement : l’importance de la formation du grand public aux premiers secours. « Même des personnes qui ne sont pas pompiers connaissent ces gestes. C’est important, parce que ça peut sauver des vies. » Pour lui, cette intervention rappelle directement le rôle de la prévention : savoir comment réagir dans les premières secondes peut être déterminant avant l’arrivée des professionnels. N’oublions jamais l’importance de la formation aux gestes qui sauvent. Parce qu’un jour, chacun d’entre nous peut être le premier témoin d’une détresse… et que quelques gestes peuvent faire la différence.
Une intervention qui restera marquée dans les mémoires
Chez les sapeurs-pompiers, les interventions impliquant des enfants sont toujours particulières. « Quand on intervient sur des enfants, c’est toujours impressionnant », confie Noël Ottobrini. Le stress fait partie de l’intervention, tout comme l’incertitude sur son issue. Car les professionnels savent aussi que, malgré la formation et les gestes appris, l’issue n’est malheureusement pas toujours favorable. Cette fois, le scénario a connu une issue heureuse. Et c’est précisément ce qui rend cette intervention particulièrement marquante pour les deux hommes.« C’est quelque chose qui nous a marqués tous les deux, mais en positif », souligne Noël.
Au-delà de deux hommes, toute une chaîne
Quelques minutes après l’intervention, Soufiane et Noël ont déjà commencé à en tirer les enseignements. Ce qui les marque n’est pas seulement le geste réalisé auprès de l’enfant. C’est surtout la manière dont une chaîne de secours complète s’est constituée et a fonctionné, chacun trouvant naturellement sa place. Une chaîne qui commence par l’alerte et les premiers gestes, se poursuit avec l’intervention des personnels formés de l’aéroport, puis avec l’engagement des secours extérieurs. À Calvi, le 2 août, plusieurs professionnels ont ainsi uni leurs compétences autour d’un même objectif : sauver un enfant, lui donner une nouvelle chance de respirer et de vivre.
Bravo à Noël et Soufiane pour leur sang-froid, leur réactivité et leur engagement ! Le SIS 2B se joint aux félicitations méritées qui leur ont été adressées par leurs employeurs respectifs.
Et au-delà de cette intervention, un message demeure : être sapeur-pompier volontaire, c’est s’engager pour servir et porter secours partout où cela est nécessaire.
Cette richesse immatérielle pour notre société, basée sur la générosité et le don de soi est aussi une sacrée plus-value pour une entreprise ou une collectivité qui peut ainsi s ‘appuyer sur un employé capable de sauver des vies sur son lieu de travail, d’agir activement sur la prévention et la protection des personnes et à la préservation des outils de travail et de production de l’entreprise.



